En harmonie avec les serpents, la poussière et les courgettes !

Après une recherche de travail intense peu fructifiante aux alentours de Darwin, une ferme à 300 km de là est prête à nous donner notre chance. Décidés et résignés, nous voilà partis pour Wilderness Farm, un coin perdu au bout d’une route non goudronnée, au nord de Katherine.

Cette ferme porte très bien son nom de ‘sauvage‘ : dès les premières minutes de notre arrivée, nous sommes plongés dans l’ambiance avec la visite d’un curieux serpent noir de 3 mètres de long qui s’intéresse au montage de notre bivouac. On en profite alors pour revérifier l’état des fermetures de la tente !

Camp sauvage dans le bush Il suffit d'une route de poussière pour refaire la déco du pare brise !

Nous rencontrons la fermière et les travailleurs déjà présents, en même temps que notre cadre de vie pour les prochaines semaines. Ici, tout est en extérieur. La cuisine est simplement un bloc de béton sur lequel sont posés frigos, fours et plan de travail, le tout surplombé d’un toit en tôle mais sans murs. On boit l’eau de la rivière. Notre salon est une ronde de chaises et de troncs d’arbres autour d’un grand feu. Il y a aussi une sobre douche solaire mais nous préférons marcher 5 minutes et profiter de la fraîcheur de la rivière. Les toilettes sont incroyables : un trou, un bidon sans fond en guise de siège, une tôle en demi cercle pour l’intimité, un drapeau rouge levé qui signifie ‘occupé’ et la forêt toute entière en face de soi !

Sous les néons Cuisine en plein air.
Cascade dans la jungle Mon jacuzzi naturel :)

Entre les bananiers et les pandanus (oui, oui, c’est un arbre), on a l’impression d’être dans un épisode de Lost.
Ici, pas de lagon ou d’île vierge, mais de la jungle à perte de vue, parsemée de champs cultivés, de vieilles carcasses de voitures et de wallabies ! On côtoie des serpents, des centipèdes, des araignées… et même des crocodiles d’eau douce que l’on peut entendre ‘grogner’ de temps en temps à la nuit tombée ! Il y a aussi des crapauds buffles (cane toad), un nuisible introduit dans le Queensland à la fin des années 1930… Dans un autre genre, les moustiques, eux, nous ont laissé des traces, notamment sur la peau de Claire, infectée par un impétigo soigné à coup d’antibiotiques, ce n’était pas très beau à voir !

Edith River Territoire des crocodiles.
Dendrelaphis punctulatus Un tree snake, inoffensif :)
Champ de courgettes Chaque matin, on attaque les champs de courgettes.

Voilà le genre d’endroit qui vous marque à jamais !

Ce mode de vie ne conviendrait pas à tout le monde… Certains à peine arrivés sont repartis à la vue de serpents ou bien à cause du manque de confort, il faut dire que les conditions de vie sont assez rudes.

Mais nous on adore, on vit de l’essentiel et se rend compte que ça nous suffit.

Back to basics :)

On aime se réveiller au son des kookaburras rieurs, repérer les wallabies qui font leur apparition de temps en temps, accompagnés de cacatoès et autres créatures au chant unique. Mieux vaut pour eux de ne pas s’approcher trop près des plantations au risque de se faire descendre par le fermier ou par les chiens…

On aime discuter au coin du feu, déconner dans les champs de courgettes, rêver de tout, même de nos récoltes la nuit venue, nous sommes en communion avec la nature et vivons de ce que l’on fait pousser : courgettes, aubergines, poivrons, courges, concombres, melons, pastèques, citrouille, combava…
Une fois par semaine ou 2 fois par mois, quelques personnes partent faire les courses en ville et chacun rajoute sa petite liste ! Ici, pas de place pour la tentation, donc pas de dépenses.

On a tellement aimé l’endroit que nous y avons amené Aurélie, la sœur de Jérémie, dès ses premiers jours en Australie pour lui donner une vision un peu alternative et complètement dépaysante ! Pour nous, cela résume une des périodes les plus intenses et enrichissantes de notre première année aux antipodes.

Feuilles de bananier sur ciel rose et violet Lueur du matin.
Jeunes pousses Petites pousses prêtes à être plantées.
Rainette de White Une copine à peine éveillée !
Macropus agilis Un petit curieux !
Lever de lune sur les bananiers La veilleuse du soir.

À la rencontre du monde au beau milieu d’un trou perdu.

Malgré l’isolement géographique de la ferme (ce qui est le cas d’un bon paquet de fermes en Australie) nous ne nous sentons pas seuls. Une vingtaine d’autres backpackers y travaillent comme nous. Sont représentés : Japon, Corée, Hong Kong, Australie, USA, Angleterre, Belgique, Allemagne, Pologne, Danemark, Suède, Italie et France. Comment ne pas perfectionner son anglais dans tout ça, ou bien découvrir comment trinquer en 10 langues ? On apprend tellement sur tout. Cela va du très joli ‘Fuck off’ que l’on utilise à toutes les sauces (à prononcer ‘fakof’), à de nouveaux tricks culinaires comme la chasse et la friture de sauterelles ou la cuisson des graines de citrouilles, slurp !

Travail à la ferme La team de cueilleurs.
Relax dans un hamac A l'aise après le boulot !
Chien de ferme au repos Rosie.

Nous gardons un souvenir très spécial de notre australien préféré, Colin, premier véritable ‘bushman‘ que nous avons rencontré et appris à connaître. Son slang australien (argot) est aussi compliqué à comprendre que sa bonne humeur et sa gentillesse sont infinies ! Nous avons tellement sympathisé ensemble qu’il a fini par offrir sa vieille guitare aux cordes rouillées à Jérémie lors de notre départ, un instrument de piètre manufacture mais probablement un des meilleurs présents que nous ayons pu recevoir durant nos voyages jusqu’à ce jour. Colin est même venu nous rendre visite 3 fois en France. Nous sommes très fiers d’avoir fait découvrir la neige à un homme du bush de 50 ans !

Australian bushman Colin, concentré sur sa ligne de pêche.

Tout n’aura pas été rose, malgré des rencontres mémorables, nous avons aussi fait la connaissance de ceux que l’on appelle en anglais les ‘red necks’… Le fermier, un véritable harceleur moral, causera tellement d’histoires et de problèmes que sa ferme finira par en subir les conséquences… Wilderness Farm n’existe malheureusement plus aujourd’hui.

Après un mois passé à vivre en communauté avec des personnes de tout horizon, nous repartons la tête pleine de souvenirs, le compte en banque décemment rassasié, avec des promesses de se revoir plus loin sur la route. L’aventure continue pour nous vers les parcs nationaux du Territoire du Nord en compagnie d’Aurélie et d’une guitare fraîchement signée par tous, un peu à la manière d’un diplôme souvenir : ‘I have been to the Wilderness‘.

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Cet article comporte 12 commentaires
  1. Waw, ça, c’est de l’immersion !! Une expérience qui donne bien envie. On a aimé les moments où on s’est senti vraiment loin de tout, alors j’imagine votre sentiment de bien-être (même si ça peut être dur), plongé au beau milieu de la nature. On sent l’intensité dans cet article en tous cas !

    Bonne continuation à tous les deux !

  2. Effectivement ça c’est de l’immersion! J’aurais un peu de peine avec les serpents (ma plus grande phobie) et les autres petites bêtes mais finalement tant que les fermetures de la tente sont étanches :p C’est un super récit, il donne l’impression que vous en êtes partis changés et je ne vous connais pas… Merci et bonne continuation!

  3. Que de belles aventures! Mêmes dans les imprévus… surtout dans les imprévus! Les voyages nous apprennent à nous ouvrir au monde et à grandir. On a, quant à nous, vécu en Martinique pendant un moment où on a fait un trip en autostop, puis en Chine pendant à peu près un an et maintenant nous cherchons notre prochaine destination. Pourquoi pas le Brésil! Tu connais? En tous les cas, nous allons suivre ton blog ;) Fais un tour sur le nôtre également et donne nous ton avis: http://wp.me/p4bFhn-en ! ça nous fera plaisir. A bientot!

  4. Salut ! Votre blog est super et donne totalement envie !
    Nous partons en road trip avec une amie dans moins d’un mois et nous voulons commencer par chercher du taf fruit picking pour 2 bons mois, comment avez vous fait pour trouver cette ferme isolée ? Avez vous eu des contacts, ou vous vous y etes rendu sans savoir si il y avait du taf ?
    Merci d’avance pour vos réponses !
    Léna

    1. Merci Léna !!!
      Nous avions trouvé cette ferme via le wwoofing et le fermier proposait du travail rémunéré. La paye était bien loin des « standards » australiens mais l’expérience était quand même très enrichissante :)
      Si vous cherchez à vivre loin des sentiers battus, le wwoofing ou le helpx sont de supers réseaux et il y a de temps en temps des opportunités du boulot payé chez les hôtes ou leur entourage.
      Bon road trip à toutes les 2 !

  5. Bonjour :)
    J’ai passé trois avec John et Caroline a la « wilderness farms ». Je viens de lire içi que la ferme n’éxiste plus. je suis triste.
    J’aurais aimé peut être y retourner un jour.
    Bravo pour votre blog.
    Arnaud

    1. Salut Arnaud ! Merci d’être passé par là :)
      Désolée pour la mauvaise nouvelle… C’était vraiment un lieu unique et une expérience authentique. Avais tu rencontré Colin ???
      Je crois que la ferme n’existe plus à cause de John, il y aurait eu de nombreuses plaintes et la ferme a été expulsé de la liste des hôtes du wwoofing, mettant fin à leur business…

  6. Bonjour à tous les deux!
    Oui je m’entendais très bien avec colin. Je suis allé à la pêche avec lui..
    J’ai son adresse mail mais j’ai du mal la noter cela ne fonctionne pas.
    Je suis content que vous lui ai fait découvrir la neige. J’aurai aimé avoir de ses nouvelles. IL passait beaucoup de temps a la Wilderness farm. C’est un bon ami a Caroline.
    Merci

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