Une mésaventure à la source de rencontres inoubliables.

Peinture d'un kangourou rouge sur la porte d'un van

C’est avec le sourire jusqu’aux oreilles que nous venons d’acheter un van pour commencer notre périple tant attendu. Première conduite à gauche avec le volant à droite, les vitesses à gérer avec la main gauche et les clignotants avec la main droite. Nouvelle conscience de l’espace que prend la voiture, c’est vide à droite du conducteur. On apprend !

C’est le début de l’aventure, on est comme des gosses. Oui, des enfants, innocents et naïfs… Émerveillés par le confort intérieur du van et l’idée d’arpenter le pays avec cette petite maison, nous en avons presque oublié de regarder l’état du véhicule en lui même. Enfin si nous l’avons fait mais avec si peu d’expérience que nos yeux de novices ne pouvaient noter quelconque problème mécanique…

Avec à l’heure d’aujourd’hui 3 ans d’expérience en la matière, vous trouverez nos conseils pour l’achat de votre van à la fin de cet article !

Backpacker et campervan en Australie Notre nouvelle maison !

Dès le premier jour, les soucis commencent. Pas de batterie. On pousse. Ça démarre ! Ouf.
Jérémie pilote et je copilote. Nous sortons de Sydney sans encombres et découvrons enfin ce qui se cache derrière la ville… L’outback nous ouvre ses portes. Malgré les nombreuses mouches et les toilettes sèches puantes, nous passons notre première nuit dans le van, sous les étoiles, enchantés de commencer notre périple. Tout est parfait.

Le deuxième jour, la porte coulissante latérale se bloque. Par chance, un garage se trouve à 500 mètres et nous replace gentiment sans frais la porte dans son rail.
Nous traversons des zones où il est interdit de transporter des légumes ou des fruits à cause des fruit flies (mouches à fruit). Nous roulons à 90km/h, par soucis d’économie et aussi parce que notre vieux van avance comme un escargot.

Van et forêt en Australie Escale dans l'arrière pays du New South Wales

Le troisième jour, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, je suis au volant, les cheveux au vent. C’est alors que je sens que le van ralentit, bien que la route soit plate je ne peux plus accélérer… Étrange. Je lève les yeux vers le rétro et vois une énorme fumée noire à l’arrière ! On s’arrête sur le bas côté. Voilà que de la fumée blanche s’échappe du moteur, qui se trouve juste sous nos fesses ! Grosse panique. On sort à toute vitesse du van dans un nuage de fumée terrifiant. Jérémie relève les sièges, le moteur fume atrocement. Je panique ! Le sol est recouvert d’huile. C’est la cerise sur le gâteau. On est au milieu de nulle part, sans assurance, il doit faire 40°C et les mouches nous dévorent à petit feu.

Par chance, il y a du réseau. Mais je ne sais pas qui appeler ! Le van n’étant pas encore à notre nom, nous n’avons pas d’assurance, ni d’assistance. J’appelle le seul numéro que je connais, le numéro d’urgence de l’Australie, le 000, une plateforme qui renvoie aux pompiers, à la police ou aux urgences. Au bout du fil, une dame décroche et me demande donc « Police, Fire, Ambulance » ? Je lui explique notre situation mais elle ne m’écoute pas et me repose la même question. Je demande au hasard les pompiers. Là, j’ai plus de succès, le pompier me donne gentiment le numéro d’une assurance auto, qui après 20 minutes de communication, 5 interlocuteurs et 290$ déboursés, nous fait envoyer un dépanneur !

1/2h plus tard, un garagiste arrive, observe notre moteur avec dépit et nous remorque jusqu’à Balranald, la ville la plus proche à 30km. Nous restons au camping de ce petit village pendant 2 jours en attendant le lundi suivant. Nous nous consolons avec les centaines de cacatoès qui piaillent dans les arbres et la petite piscine rafraîchissante.

Camping en van en Australie Le van ne marche plus et nous y dormirons nos dernières nuits, au camping de Balranald

Le lundi fut le jour de la sentence. Avec un slang (argot) incompréhensible, le garagiste nous annonce que notre van est bogged, mort quoi. On comprend que le joint de culasse s’est rompu. Conséquence : les réparations s’élèveraient à $2500 (soit les 2/3 de ce que nous a couté l’achat du van). Nous sommes dépités… Le monde s’écroule.
Après avoir versé toutes les larmes de mon corps, je me remets de mes émotions et prend du recul sur la situation : nous sommes en vie et en bonne santé !

Nous décidons de ne pas réparer le van, nous n’en avons pas les moyens de toutes façons. C’est avec le cœur serré que nous rebouclons nos sacs à dos et laissons derrière nous tout ce que contenait le van, ne gardant que la petite tente 2 places. Le garage ne veut malheureusement pas nous racheter le van pour pièces… Nous le leur laissons quand même en attendant de savoir quoi en faire.

Camping : tente verte sous un arbre La tente 2 places, pauvre consolation de ce qu'il nous reste du van !

Retour au camping pour réfléchir. Une fois la tente montée, avec nos gros sacs mis à l’intérieur, il ne reste plus beaucoup de place pour nous 2. Nous dinons dans la cuisine du camping lorsqu’un orage terrible nous tombe dessus. Il pleut des cordes. J’ai peur que nos affaires prennent l’eau dans cette tente que nous n’avions jamais utilisé auparavant alors je m’y précipite pour voir si rien n’est trempé. C’est à ce moment là que nous avons rencontré Andrew et Daron, 2 australiens qui observaient les éclairs depuis la terrasse de leur bungalow, bière à la main, always. Ils se demandaient qui pouvait bien être cette folle qui courrait comme une dératée vers cette tente ridicule massacrée par la tempête. Je leur raconte notre mésaventure. Ils compatissent. Ils sont maçons et travaillent sur un chantier à Balranald pour quelques jours avant de retourner chez eux, à Mildura, à 160 km de là. Andrew nous propose de nous y conduire et de nous aider à trouver du boulot. On accepte cette offre généreuse et partage avec eux une soirée exceptionnelle le lendemain au bar de Balranald. On s’initie au slang australien, sirote plus de bières qu’il n’en faut et les observe parier sur les chevaux.

Arrivés à Mildura le jour suivant, Andrew ne nous laisse pas tomber et nous dépose à Red Cliffs, dans un working hostel, où on nous propose du boulot dès le lendemain. Ce n’est pas le job de rêve mais c’est déjà ça. Lors de nos jours de congés (day off), Andrew nous fait visiter le coin. Il nous emmène longer le fleuve Murray, tester les bières de la brasserie de Mildura. Nous rencontrons sa famille et dégustons un vrai barbecue à l’australienne.

Andrew nous annonce qu’un pote à lui veut bien nous prêter sa remorque en échange d’un pack de bières (c’est la monnaie locale ici !), afin qu’on puisse aller chercher notre van à Balranald et le ramener pour essayer de vendre sa carcasse. C’est parti !

Remorquage d'un van en Asutralie Remorquage du van de Balranald à Mildura sur 160 km

Le van ramené à Mildura, nous le vidons de ce qu’il contient et entreposons le tout dans le garage d’Andrew dans l’espoir de réutiliser ce matériel lorsque nous rachèterons un véhicule.

Matériel de camping et de voyage On entrepose nos affaires chez Andrew

La casse n’en veut que pour $100 alors que rien que le par buffle vaut plus que ça ! Nous le garons devant chez Andrew, serti d’une pancarte For Sale pour une somme dérisoire, et tapissons d’annonces tous les murs de la ville ! Au bout de plusieurs semaines, toujours aucun appel… Nous décidons de quitter la région pour souffler et faire un peu les touristes en Tasmanie.

Peinture d'un panneau For Sale - A Vendre C'est le cœur serré mais dans une ambiance chaleureuse que nous nous séparons...

A peine arrivés en escale à Melbourne, Andrew nous appelle pour nous annoncer qu’une personne est intéressée par le van !!! Houra ! Mais (il y a toujours un mais), l’acheteur n’a pas de dollars à nous échanger mais des opales ! La fameuse pierre précieuse australienne. Nous sommes cloués ! Andrew nous dit qu’il a vu les opales en question et les a montré à un bijoutier qui affirme qu’elles sont véritables. Il y en aurait pour $1000. C’est bien plus que ce que nous pensions vendre la carcasse et à défaut de n’avoir aucun autre acheteur, nous confions à notre ami Andrew l’échange du van contre les opales. Ce dernier devrait apparemment finir ses jours en tant qu’abri auprès d’une rivière.

Ce ne sera que quelques mois plus tard, en compagnie d’une nouvelle voiture, que nous retournerons voir Andrew pour récupérer nos opales et surtout le remercier, bières à l’appui, pour son incroyable générosité qui lui a valu son surnom de sauveur : Magic Andrew.

Fidèle à lui même, il nous invite à rester chez lui quelques jours. Il nous emmène voir une compétition de motocross en plein bush et même faire de la moto avec son fils (expérience peu concluante pour moi qui ai fait un vol plané dans la boue…) !

Nous récupérons tout notre bazar entreposé dans son hangar quelques mois plus tôt, échangeons les matelas du van contre un matelas en mousse adapté à notre voiture avec un organisme de charité du coin. Les affaires de notre voiture combinées à celles du van, nous avons maintenant trop de matériel… Alors afin de pouvoir l’emporter avec nous, Andrew et son pote George nous aident à construire une boîte en réutilisant le bois du lit du van, que nous fixons sur notre roof rack ! Elle nous sera très utile pour nos futurs 5 mois de voyage.

Rencontre inoubliable 3 mois plus tard avec Cullen, Magic Andrew, Roger, Zimmer, George et notre nouveau bolide !

Nous réalisons à quelle point la générosité d’Andrew est sans limites et espérons pouvoir un jour lui rendre la pareille, à notre ange gardien, pour tout ce qu’il a fait pour nous. Ce savoir vivre, nous le retrouverons chez de nombreux australiens.

On ne connaitra jamais l’identité de l’ancien propriétaire des opales. Ces dernières, serties pour la plupart sur des colliers, dans leur boîte d’origine, ont peut-être même été volées, qui sait… Leur qualité n’est pas parfaite, les bijoutiers australiens n’en veulent pas, ils en ont déjà plein leurs boutiques.

Nos opales sont aujourd’hui en France et dorment dans un tiroir, sauf 2, l’une sertie dans une bague et l’autre dans un collier, qui nous suivent partout, souvenirs immuables du début de notre épopée australienne.

Et vous ? Je suis sûre que vous en avez vécu des vertes et des pas mûres avec votre van en Australie ! Racontez nous !

Et si vous n’êtes pas encore partis, lisez nos conseils ci dessous !

Bijoux sertis d'opales bleues Les fameuses opales !
Opales, pierres précieuses et bijoux australiens Nos opales bleues ont des reflets oranges, verts et violets !

Conseils pour l’achat d’un véhicule en Australie
tirés de nos expériences

Le meilleur moyen pour être indépendant c’est d’avoir son propre véhicule ! Pour voyager toute l’année c’est un transport plus économique que la location ou le bus, qui vous permettra d’aller presque partout où bon vous semble.
Après 3 ans de voyage en Australie et Nouvelle-Zélande, 1 voiture et 3 vans, voici quelques conseils non exhaustifs, tirés de notre expérience, à destination des incultes de la mécanique.

1. Prospection
Lorsque vous faites la prospection pour un véhicule (gumtree, journaux locaux, backpacker boards, marchés…) essayez tout d’abord d’en trouver un qui a moins de 20 ans et moins de 200 000 km. Choisissez si vous préférez un véhicule grand (van/4×4) ou petit (voiture/break), manuel ou automatique, essence, GPL et/ou diesel (ce dernier consomme généralement moins donc plus rentable et surtout le moteur est beaucoup plus costaud).

2. Inspection
Concentrez vous sur le moteur et l’état du véhicule en lui même. L’aménagement et le matériel de camping qu’il contient restent secondaires.
[Vécu] Leçon apprise suite à notre premier achat de van où le confort intérieur nous a aveuglé alors que le moteur était en mauvais état. Lors de l’achat de nos autres véhicules en Australie et en Nouvelle-Zélande, nous avons préféré les acheter vides et avons aménagé l’intérieur nous même.
Regardez sous le capot et sous le véhicule. Inspectez l’usure des roues (vous trouverez un témoin dans la rainure du pneu), des amortisseurs (avant/arrière rabaissé ?), du châssis (traces de rouille – surtout si le van a déjà réalisé quelques tours d’Australie), des tuyaux, des joints, des courroies. Contrôlez si il y a des fuites, de la fumée, des bruits suspects au démarrage. Jugez si le problème est mineur ou majeur, si il peut empirer ou pas.
[Vécu] Notre van perdait quelques gouttes d’huiles par jour au niveau d’un joint. Plusieurs garagistes de confiance ont examiné la fuite et nous ont dit qu’elle était mineure et que le changement de ce joint se fait en général lorsqu’on change l’embrayage, chose non nécessaire sur le moment. Nous gardions un œil attentif à cette fuite et 11 mois plus tard, la situation n’avait pas changé. Nous avons perdu à peine l’équivalent d’une tasse d’huile, ce qui est insignifiant, et avons même vendu le van dans cet état, l’acheteur étant au courant de ce problème là.

Pour plus d ‘infos, consultez la bible du WHV en Australie de Toothbrush Nomads !

3. Essai du véhicule
Si possible, demandez à venir voir le véhicule le matin chez le vendeur, le démarrage du moteur à froid est en effet un bon moyen de voir l’état réel du moteur (surtout pour les moteurs diesel).
A l’essai, prenez des virages serrés et très lents (conduisez en cercle sur un parking dans les deux sens), écoutez les moindres bruits suspects, freinez, reculez, accélérez fort, roulez jusqu’à au moins 80 km/h, montez en côte, passez des ralentisseurs… Testez les clignotants et les phares, l’allume cigare, la radio, les lumières (cela vous permettra de voir si il n’y a pas de fusible défectueux), testez les ceintures, le frein à main, la direction assistée…
Le feeling avec le vendeur et son vécu avec le véhicule peuvent vous orienter sur votre décision, mais restez méfiant et essayez de contrôler le plus de choses possible par vous même.

4. La rego
Une registration (équivalent de notre carte grise) immatriculée dans le South Australia ou le Western Australia vous simplifiera la vie car il y a peu de paperasse nécessaire, à l’achat et au renouvellement, comparé aux autres états.

4. Entretien
Une fois le véhicule acheté, il faut aussi l’entretenir pour qu’il tienne la route !
Le minimum d’entretien consiste à vérifier régulièrement les niveaux d’huile et d’eau (surtout dans un pays chaud), prévoir un bidon d’huile et de liquide de refroidissement si nécessaire (n’utilisez pas d’eau dans le radiateur, celui-ci peut rouiller, surchauffer, et faire éclater un tuyau), contrôler la pression des pneus, faire la vidange (appelée service) quand il le faut, le laver de temps en temps (surtout après avoir roulé sur des pistes) et effectuer les réparations nécessaires avant qu’il ne soit trop tard !

4. Assurance et assistance
Pensez à souscrire à une assurance au tiers qui, en cas d’accident avec un autre véhicule, couvrira les dommages éventuels subis par ce dernier (ce serait bête de devoir débourser de sa poche les réparations d’un gros 4×4). Vous pouvez aussi souscrire à une road assistance qui couvrira les frais de remorquage si vous tombez en panne ou viendra vous aider en cas de soucis (comme recharger votre batterie à toute heure du jour ou de la nuit !).
[Vécu] Si vous avez lu l’article ci-dessus, vous en conviendrez que cela peut être utile d’avoir une assistance pour ne pas finir rôti et dévoré par les mouches au beau milieu du désert !

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Cet article comporte 4 commentaires
  1. Bonjour vous deux,
    Sacré histoire, c’est vrai que c’est difficile de ne pas se faire arnaquer sur les vans quand on arrive sur les grosses villes Australiennes. C’est d’ailleurs pour ça qu’on avait préféré prendre un break avec toutes les histoires sur les vans revendus par les européens qui tombaient en panne quelques jours plus tard.
    J’espère que le Colonel (c’est le nom qu’on avait donné à la Magna qu’on vous a vendu) vous a bien servi par la suite. Je ne me souvient même plus de la vente, ça fait tellement longtemps (juin 2010).
    En tout cas, je vois que tout roule pour vous et que vous avez eu la chance de continuer cette vie magique de globetrotteur.
    Bonne continuation à vous et continuez à nous en mettre plein les yeux.

    1. Hey toi ! Mais ouiiii le Colonel lui nous a emmené bien plus loin que le van :) de Melbourne a Darwin, puis jusqu’à Perth ! Bon à la fin les tuyaux fuyaient de partout, ils n’ont pas supporté la chaleur et l’air marin… Mais on a passé de très bon moments en sa compagnie !
      Toi aussi continue de nous évader avec tes jolies photos, je me rappelle encore de quelques astuces que tu m’avais donné autour d’un barbeuc à Port Melbourne ;)

  2. L’aventure a commencé fort pour vous. Je me revois bien dans votre situation. Il y a quelques mois, on a aussi acheté un van (mercedes 207d 1985) en Belgique avec lequel on est rapidement descendus vers l’Italie et avec lequel on a déjà eu pas mal d’histoires mécaniques. La batterie qui semble lâcher mais c’est en fait les fusibles qui sont grillés et une pièce de l’alternateur qui est trop usée, des fuites d’eau un peu partout, de la rouille cachée à droite à gauche,… enfin, vous voyez le topo. Pas facile surtout quand on n’est pas chez soi, qu’on a pas d’outil, qu’on parle pas la langue,…
    Pour le moment tout re fonctionne mais là on s’est attelés à rénover l’intérieur.
    Bonne continuation

    1. Hey salut Alizé ! Oui j’ai vu votre Mercedes, il a l’air chouette ;) C’est sûr qu’il y a toujours des surprises avec les vieux camions mais ça fait partie de l’aventure ! En tout cas, c’est un beau projet de sillonner les routes d’Europe, on vous souhaite de belles rencontres à tous les 2, j’espère que Keekoh (de son petit nom si ma mémoire est bonne !) vous emmènera où bon vous semble ;)

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